Violence

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Introduction

Suite à la restitution du document unique aux membres du CHSCT, trois axes de travail ont été dégagés sous forme de commissions :


  • _ Hygiène,
  • _ Ergonomie,
  • _ Violence.

Violence parce que mentionnée dans tous les établissements de l'Association comme risque professionnel.


Il nous a semblé important de définir la violence et de reprendre la définition de la commission européenne à ce sujet, adoptée en 1995 :


« Tout incident au cours duquel des personnes sont victimes de comportement abusif, de menace ou d'attaques dans des circonstances liées à leur travail et impliquant un risque explicite ou implicite pour leur sécurité, leur bien-être et leur santé ».


La prise en compte des situations de violence au travail est assez  récente. Fin 1997, le ministre de l'emploi et de la solidarité a demandé au C.S.T.S. (Conseil Supérieur du Travail Social) de mener une réflexion à ce sujet. Cela débouchait sur une enquête et un rapport en février 2001 (Synthèse ci-jointe). Il ressort de ses réflexions " que la violence est un phénomène complexe qui ne ressort pas d'une seule cause mais de causalités plurielles qui interagissent."



  • 1. La réalité dans l'association :

Dans un premier temps il nous paraissait important de faire un état des lieux à partir du document unique, en listant les sources de danger identifiés ainsi que les mesures déjà prises.






Analyse des mesures prises

nombre de fois citées

1 - Travail à deux personnes au moins

2 - Signalement au C.L.S. (Comité Local de Sécurité)

3 - Attitudes éducatives

4 - Réunion de coordination

5 - Mise sous clés des objets dangereux

6 - Vigilance et précautions

7 - Analyse des pratiques + projet individualisé

8 - Formation permanente et initiale

9  - Procédures de sécurité existantes et connues de tous

10 - Information service

2

11- Bonne évaluation de l'encadrement

2

12  - Attention portée aux situations à risques

1

13 - Services généraux : se faire aider

1

14 - Réunion de groupes de jeunes        

1

15 - Débriefing

1

16 - Proposition de rencontrer un spécialiste du dispositif     

1

17 - Procédure

1

18 - Alternance des lieux de rencontre

1

19 - Travail en équipe

1

20 - Travail en réseau        

1

21 - En parler avec le jeune

1

22 - Dépôt de plainte

1

23 - Suivi du jeune

1

24 - Soutien psychologique          

1

25 - Informer la direction

1

26- Possibilité de supervision

1

27 - Climat de confiance à créer

1

28 - Travail de réflexion en commun       

1

29 - Groupe de parole

1

30 - Relais   

1

31 - Evitement des contacts

1

32 - Médiation préventive

1

33 - Protocole d'action

1

34 - Entraide           

1

35 - Communication

1

36 - Protocole de crise      

1


Pauvreté des mesures mentionnées dans le document unique :


  • Ø Une mesure de travail à deux, citée 7 fois
  • Ø 4 mesures citées 3 fois,
  • Ø 6 mesures citées 2 fois,
  • Ø 25 mesures citées 1 fois

  • _ Analyse des pratiques: peu utilisée
  • _ Référence au Règlement Intérieur: absent
  • _ Place du salarié «victime»: peu évoquée,
  • _ Réponses: peu cohérentes, en tout cas nécessitant plus de précision.



Cette analyse nous amène à mettre en place des visites avec les Directeurs et D.P. de quatre structures :

  • § U.E.L.,
  • § Foyer d'Hébergement de Keraoul,
  • § Foyer des Châtaigniers,
  • § Kerascol,

Afin de prendre connaissances  des pratiques et procédures -si elles existent- d'accompagnement du salarié victime de violence en application de la loi de modernisation sociale n° 2002, qui instaure une obligation pour l'employeur par l'intermédiaire du C.H.S.C.T. de veiller au respect de la santé physique et mentale des salariés.


A l'issue de ces rencontres :


 Des domaines récurrents sont dégagés :


  • v Aggravation des pathologies dans les quatre structures,
  • v Protocoles existants ou en cours d'élaboration en attente d'une démarche associative,
  • v Ou protocoles implicites mais non formalisés.

Des disparités sont observées quant aux moyens proposés, concernant :

  • v L'intervention d'un psychiatre,
  • v La supervision proposée à l'extérieur,
  • v La fréquence des réunions d'équipe,
  • o de 1 fois par semaine à 1 fois par trimestre,
  • o en présence d'un psychologue et/ou d'un psychiatre,
  • v Les procédures plus ou moins explicites voire, inexistantes.



  • 2. Les impacts de la violence dans le travail:(document CFDT Santé Sociaux)

On retiendra quelques risques majeurs de la violence subie au travail :

  • - Le risque de voir s'installer indifférence et désinvestissement dans l'activité et les relations professionnelles;
  • - Le risque de développer de la fatigue et/ou de l'usure professionnelle;
  • - Le risque de voir le professionnel adopté des conduites à risques;
  • - Le risque de fragiliser davantage encore le salarié en état de stress en le rendant susceptible d'être repéré comme victime potentielle par une personne violente et l'amenant progressivement à perdre confiance en lui même (processus de victimisation);
  • - Le risque d'une plus grande vulnérabilité du salarié qui deviendrait lui même tenté de recourir à la violence dans son environnement professionnel comme à l'extérieur (processus d'identification à l'agresseur)




Perspectives :


Suite à cette première ébauche, il apparaît indispensable de mettre en place au niveau de l'association des stratégies de prévention :


  • - Afin de ne pas minimiser les incidents,
  • - Afin de sortir de la personnalisation de la situation,
  • - Afin de ne plus entendre que la violence fait partie du travail,
  • - Afin que la responsabilité institutionnelle remplace la responsabilité individuelle.

Pour illustrer nos propos nous citerons deux directeurs interrogés :

« Des protocoles qui existent c'est sécurisant pour l'employé (e) ».

« La supervision, c'est indispensable ».



Concernant les fiches incident mises en place par le CHSCT, nous avons pu noter une grande disparité dans l'utilisation de cet outil.